Surfcasting Méditerranée

27/08/19 - Concours duo de Gruissan 2019

Bonjour à tous,

Ceux qui me connaissent bien savent que je ne suis pas un grand adepte des concours. A vrai dire, je ne le suis pas lorsqu'il s'agit de compétitions de pêche en mer car elles impliquent de tuer le poisson (le no-kill est rare en mer) mais j'ai longtemps participé à des compétitions de pêche au coup où le no-kill est obligatoire et j'aimais l'adrénaline que procurait ce genre d’évènement.

Mon premier concours en surfcasting remonte a 2017 où, pour dépanner un ami, j'avais accepté de participer à un concours en duo et avais finalement pris plaisir à me mesurer à mes voisins dans la bonne humeur et le partage.

Depuis 2017 je n'avais pas eu l'occasion de participer à une autre compétition et cela me travaillait un peu. Cette année j'ai donc remué ciel et terre pour me trouver un équipier après avoir choisi soigneusement le concours dont le lieu et la date me convenaient. Je n'ai pas envie de faire 300km pour une compétition et surtout je déteste pêcher sous la pluie et dans le vent. Pour cette raison, j'ai choisi le concours de Gruissan les 27 et 28 août 2019 dans l'espoir de profiter d'une belle soirée chaude et calme.

27/08/19 - Concours duo de Gruissan 2019

Thierry sera mon équipier pour ce concours. C'est un excellent pêcheur mais ce concours sera son dernier en surfcasting car il se reconvertit dans la pêche au bouchon (bolognaise) en mer.

Nous nous sommes répartis les tâches pour les appâts : je m'occupe des vers de sable et des couteaux tandis que Thierry s'occupe du reste (américains, dures, demi-dures, sardines, chaluts). La semaine qui a précédé, j'ai donc récolté 200 vers de sable et 90 couteaux. Les conditions climatiques m'ont joué des tours et j'ai eu du mal à récoler les vers, d'autant plus qu'une partie n'a pas survécu et j'ai donc du plonger de nouveau pour les remplacer.

Le grand jour arrive, nous sommes samedi 27/08/2019. Le rendez-vous est fixé chez Sud'Esca dans la zone portuaire de Gruissan où une quarantaine d'équipes sont attendues. L’accueil est sympathique et cordial. Un apéritif et un buffet attendent les participants qui ont accepté de relever le défi car il faut bien parler de défi pour ce concours. Les conditions climatiques, qui étaient excellentes depuis deux semaines, ont laissé place à un vent de tous les diables (50km/h avec rafales de 70-80 km/h). La compétition ne sera pas une partie de plaisir et tous les participants le savent.

27/08/19 - Concours duo de Gruissan 2019
27/08/19 - Concours duo de Gruissan 2019
27/08/19 - Concours duo de Gruissan 2019

Le tirage au sort arrive. Thierry et moi espérons vivement tomber sur le haut du parcours mais tirons le poste 8 sur le bas du parcours.

Arrivé sur place nous découvrons une plage avec très peu de fond jusqu'à une centaine de mètres puis un trou de 100 à 140m et enfin un banc de sable qu'il me semble bien difficile de dépasser même avec l'aide d'un vent puissant.

Mon équiper et moi montons notre matériel en discutant de la stratégie de pêche. Avant de me prononcer, je réalise un lancer sans appât pour vérifier si ma ligne reste stable ou si elle est prise par un courant. Dans la mesure où le vent nous vient dans le dos, j'ai bon espoir que la ligne tienne facilement en place.
Le test est concluant : avec un plomb lisse de 130g ma ligne en nylon 14/100 tient très bien. Je récupère mon fil en comptant les tours de manivelle pour me rendre compte de la portance du vent et constate avec stupeur que le vent porte énormément ! Je viens de compter 221 tours de manivelle. Sachant que mon moulinet récupère 1m par tour de manivelle (valeur mesurée avec un compteur), je comprends que je viens de battre mon record de lancer, c'est vous dire à quel point le vent souffle !

Avec cette belle performance de lancer, j'ai l'espoir de parvenir à dépasser le banc de sable pour pêcher derrière mais lancer des appâts est une autre histoire et je vais rapidement me rendre compte à quel point les appâts pénalisent la distance de lancer.

20h50 : Le coup d'envoi du concours approche mais je ne suis pas prêt. Mes montages de rechange se sont complètement emmêlés sur mon râtelier à cause du vent. Je sens que je vais perdre patience mais fort heureusement Thierry garde son enthousiasme et parvient à maintenir ma motivation.

21h : J'étais affairé à essayer de sauver quelques montages sur mon râtelier quand le coup de sifflet retentit. Je n'ai pas vu le temps passer et n'ai pas enfilé mes appâts sur les montages. Je perds du temps bêtement.

Dans la précipitation, je lance mes lignes sans prendre soin de bien évaluer la distance entre mes cannes et de lancer les cannes dans le bon ordre. En lançant ma seconde canne je coupe le fil de la première... C'est la troisième fois que cela m'arrive cette année et je m'en veux terriblement car je devrais savoir que ma nouvelle technique de lancer nécessite plus de place que la précédente.

Me voilà contraint de changer de bobine et remonter une ligne alors que les minutes défilent. Toutefois, l'activité semble bien calme chez nos voisins directs donc je me rassure en me disant que je n'ai pas encore perdu de points. En vérité, sur des postes plus éloignés la pêche a déjà démarré sur les chapeaux de roues avec les orphies en bordure.
Thierry a bien essayé de placer une ligne en bordure mais rien ne se passe. Au poste 7 et 9 non plus, nos voisins ne semblent pas avoir encore trouvé le poisson et nous ignorons donc totalement qu'il faut chercher les orphies pour assurer nos premiers points.

22h40 : J'enregistre la première touche de l'équipe, mais je rate le poisson.
En temps normal cela m'agace, là je suis totalement dépité car nous sommes en plein concours et cela fait presque 2h que nous pêchons sans aucune activité de 60m à 180m de distance.

Nos voisins de gauche sont toujours capots eux aussi.

22h50 : Voilà une touche à retour sur ma ligne 3-empiles aux perles flottantes. Je remonte une bogue, il y a sûrement un coup à faire donc je décide de relancer la ligne à l'identique pour vérifier la présence des bogues. Nos voisins viennent de prendre un premier chinchard de petite taille.

Comme il m'a fallu près de 2h pour enregistrer les premiers points de notre binôme, je me dis que le second poisson n'est pas pour tout de suite et je pars voir mes amis Hamadi et Nizar au poste 3 (environ 200m plus loin). En arrivant sur leur campement je constate qu'ils ont très bien démarré le concours avec 7 orphies, 3 chinchards et 2 daurades dans leur seau. A cet instant j'ai compris que Thierry et moi ne pourront jamais remonter le classement... Nous sommes totalement passé à côté de la pêche de bordure avant la tombée de la nuit et cela va grandement nous pénaliser.

23h05 : Je reviens sur mon poste après bu un bière avec Nizar et Hamadi. Une autre bogue est pendue à ma ligne. Ok, soyons clair, je n'ai pas assuré en allant discuter après mon premier poisson car les bogues vivent en banc et j'aurais dû rester sur mes cannes au lieu de partir discuter. Ceci dit, je sais maintenant qu'il y a un peu de chinchard et de daurades au loin. Certaines équipes ont même pris des marbrés.

Je relance ma ligne à la recherche des bogues et hésite un instant à changer mon second montage au profit de perles flottantes. Finalement, je décide de rester avec un montage de fond sur ma deuxième canne dans l'espoir de trouver moi aussi un marbré et je commets ici une seconde erreur qui va nous coûter des places.

23h50-2h30 : La nuit a été relativement calme. Nos voisins de gauche ont une petite avance sur les prises de chinchards mais leurs prises sont petites et nous pouvons encore les rattraper sur le poids total des poissons. Nous avons 5 bogues et, même si cela me parait totalement ridicule, il semblerait que nous ne soyons pas les plus à plaindre. Nos voisins de droite ont déjà abandonné, plus bas sur le secteur certaines équipes sont en véritable souffrance.

Ce qui m'inquiète le plus est que nos 5 poissons ont été pris sur une seule ligne : ma ligne à 3-empiles flottantes de 60cm lancée à 180m. Je n'en ai pas d'autre en rechange car tout est emmêlé sur mon râtelier. Thierry a tenté plusieurs distances et plusieurs montages différents, sans grand succès. Il ne parvient pas à lancer assez loin et le poisson refuse de se rapprocher. Il a d'ailleurs fini par s'allonger pour se reposer, abrité du vent par son chariot de pêche.

3h30 : Je fatigue moi aussi et vais m'asseoir dans ma chaise après avoir relancé mes lignes et relevé celles de Thierry où se trouvait un chinchard. Abrité derrière mon chariot, je commençais à m'assoupir quand ma tablette sur trépied se trouve renversée par une rafale de vent. Je récupère le matériel avant qu'il ne s'envole davantage et repositionne ma tablette plus près du sol pour réduire sa prise au vent. Moins de 10min plus tard j'entends un effroyable vacarme juste à côté de moi : une rafale vient de retourner le chariot en acier de Thierry au point qu'il lui est passé au dessus de la tête avec sa caisse de matériel (Thierry était allongé sur le sable).

Sur le coup de l'adrénaline je retrouve un petit regain d'énergie et vais inspecter mes lignes. Les deux scions sont détendus, je trouve un chinchard sur l'une et une daurade de 24cm sur l'autre.

3h30-6h : Le reste de la nuit est très calme. Je n'ai pas réussi à prendre d'autre bogue mais je suis parvenu à piquer 2 chinchards de plus. Avec le lever du jour Thierry remarque que le poste de nos voisins de droite, qui ont abandonné, présente des bouées. Immédiatement il décide de lancer une ligne dedans. La seconde est en bordure en espérant tomber sur un passage de mulets.

La stratégie de Thierry de pêcher les bouées a été payante, il ramène trois chinchards de plus. En revanche, ni mulet ni orphie à déclarer sur notre bordure.

7h : En remontant l'une de mes lignes je sens un gros poids lourd et quelques petits coups de tête. Je prends mon temps pour limiter le risque de perdre le poisson mais après quelques minutes je commence à douter qu'il s'agisse d'un gros poisson. Je pense un instant à un congre puis me souviens que j'ai perdu une ligne en tout début de concours (coupée par le lancer de ma seconde canne) et suis quasiment certain que c'est celle-ci que j'ai accroché. Quelques instants plus tard mon mon montage revient accompagné de ma ligne cassée.

Thierry me vient en aide et nous remontons à la main la ligne perdue. Je récupère mon plomb et mon montage ainsi qu'un petit loup que nous remettons à l'eau. Il est interdit de comptabiliser un poisson pris sur une ligne rattrapée à l'eau et de toute manière celui-ci n'était pas à la maille.

8h : Fin du concours. Nous terminons à 12 poissons et sommes quelque peu découragés au point que nous envisageons de rentrer sans assister à la remise des prix. Toutefois, Thierry me signale que nous sommes devant nos voisins de gauche et qu'il doit repasser par le lieu du rendez-vous pour céder du matériel. Nous décidons donc de nous rendre à la remise des prix, plus pour profiter du petit déjeuner que dans l'espoir de nous classer.

En discutant avec les autres équipes nous nous rendons compte que la pêche a été très difficile pour un bon nombre de postes. Nous comprenons que nous ne sommes pas ridicules. Nous finissons 17eme avec la satisfaction d'être allé jusqu'au bout et d'avoir dépassé quelques belles équipes mais le regret de ne pas avoir tout donné pour faire mieux.

Je me suis laissé démotiver par ce vent pénible et quelques erreurs de préparation. Par manque d'expérience de la compétition par grand vent, j'ai commis l'erreur de sortir mes montages de rechange sans prendre soin de les caler correctement. Tout s'est emmêlé et j'ai été privé de mes montages de rechange en temps voulu.

Thierry ne parvenant pas à lancer à la bonne distance, nous aurions du nous réorganiser de sorte que je lance les 4 cannes de l'équipe. J'avais en réserve 2 autres cannes puissantes et deux moulinets que j'aurais dû monter pour maximiser nos chances d'assurer des points mais l'idée ne m'est pas venue quand nous étions sur la plage. Il faut dire que résister au vent et sécuriser notre matériel a occupé une grosse partie de nos esprits.

Malgré tout, je garde un excellent souvenir de ce concours et aurai plaisir à y participer de nouveau.

Pour terminer, je vous encourage à lire le compte rendu de l'équipe qui termine juste derrière nous à la 18ème place : http://surfcastingclubdecaen.com/concours-gruissan-duo-11h/

27/08/19 - Concours duo de Gruissan 2019

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BEG 33 13/08/2019 10:16

Concours au condition très compliqués aux dires de mes collègues, félicitations à vous d’être rester pécher toute la nuit ( pas le cas de tous le monde !!!)
Vous finissez devant quelques jolis noms du surfcasting ( Benjamin, Jessy entre autres)
Heureux pour vous !
PS : je serais content de faire une sortie avec toi un de ces jours, je sors souvent entre Marseillan et Sète, si tu as de la dispo en septembre, c'est avec plaisir !

BEG 33 13/08/2019 11:23

désolé mais je suis encore d'astreinte jeudi, dommage ...

Jérémie 13/08/2019 11:19

Benjamin était deux postes plus loin (10) et a bien souffert. Je pense que s’il avait été sur mon poste alors il aurait sûrement mieux exploité les bogues que moi.

Je sors pêcher jeudi soir sur Sète normalement. Si cela vous dit.